Une succession de Français célèbres rattrapés par #MeToo

Le cadre en question, Eric Brion, ne nie pas avoir tenu ces propos. Mais comme les deux ne travaillaient pas ensemble, M. Brion soutient qu’ils ne relevaient pas du harcèlement sexuel et a poursuivi Mme Muller pour diffamation. Le jugement rendu en 2019, qui condamnait Mme Muller à payer 15 000 euros de dommages et intérêts, a été annulé la semaine dernière.

En 2019, le tribunal avait jugé que Mme Muller avait “dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle”. Cette fois, les juges ont estimé que Mme Muller avait agi de bonne foi, ajoutant que “les mouvements #balancetonporc et #metoo ont été très suivis, ont été salués par diverses autorités ou personnalités et ont contribué à libérer la parole des femmes de façon positive.”

Pour Camille Froidevaux-Metterie, une philosophe féministe de renom, il est significatif que les hommes sous le coup d’enquêtes occupent des positions de premier plan dans divers domaines. Les révélations les concernant mettent à mal le mythe du Français grand séducteur et d’une culture romantique raffinée où “nous, Français, dans nos relations de séduction, savons interpréter les signaux non-verbaux et nous avons cet art de la séduction, du doux commerce entre les sexes”, explique-t-elle.

“Ce sont des hommes qui incarnent tous, d’une certaine façon, l’ancien ordre patriarcal des choses, c’est-à-dire des hommes de pouvoir et des hommes qui ont usé et abusé de leur pouvoir pour profiter sexuellement du corps des autres, que ce soit des femmes ou des jeunes hommes,’’ analyse Mme Froidevaux-Metterie. “Peut-être que nous sommes en train de vivre le premier vrai ébranlement de ce système.’’

Si la liste d’hommes célèbres mis en accusation ne cesse de s’allonger, c’est la preuve, pour certains intellectuels conservateurs, que la société française est gagnée par la contamination d’idées américaines sur le genre, la race et le post-colonialisme.

Pierre-André Taguieff, historien et un des principaux critiques de l’influence américaine, affirme dans un courriel que “les idéologues néo-féministes et néo-antiracistes dénoncent l’universalisme, et plus particulièrement l’universalisme républicain à la française, comme une imposture, un masque trompeur de l’impérialisme, du sexisme et du racisme.”


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